Le suisse Dufry s’empare du « duty free » des Benetton pour 3,6 milliards d’euros

La consolidation du marché des boutiques pour voyageurs – aéroports, gares, ports… -, le « travel retail », s’accélère. Le groupe suisse Dufry, l’un des géants du secteur, avec DFS (groupe LVMH), va mettre la main sur l’italien World Duty Free (WDF), son principal concurrent, contrôlé par la famille italienne Benetton, pour une valeur d’entreprise de 3,6 milliards d’euros. Le projet, annoncé samedi dernier, sera détaillé ce lundi matin.

Benetton, qui avait officialisé en janvier son désengagement programmé de WDF avec la mise en vente de son bloc de 50,1 % – via Edizione Holding -, a donc finalement fait affaire avec Dufry. Ce dernier va acheter ses titres au prix unitaire de 10,25 euros, a-t-il été déjà précisé, et lancer une OPA sur le reste du capital, WDF étant coté à Milan.

Deux gros échecs

Cela confirme que le suisse est en appétit après avoir finalisé, en septembre dernier, la reprise de son compatriote Nuance pour 1,55 milliard de francs suisses (1,4 milliard d’euros). Avec le rachat de WDF, qui a suscité bien des convoitises – le français Lagardère était notamment sur les rangs -, Dufry fait oublier deux gros échecs en matière de croissance externe remontant aux années 2000.

En 2007-2008, cette firme bâloise s’était ainsi fait souffler WDF, alors filiale du britannique BAA, par Autogrill. A l’époque, le géant italien de la restauration commerciale aux voyageurs, contrôlé par les Benetton, avait achevé l’absorption de l’opérateur espagnol Aldeasa, amorcée en 2005 au détriment de… Dufry. Dix ans plus tard, le groupe suisse s’affiche donc comme un leader du « travel retail » avec l’absorption de WDF.
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Interbrand se pose à Istanbul

Heinemann, spécialiste du duty free et du travel retail aéroportuaire, et son partenaire Unifree Dutyfree, leader du marché turc, ont fait appel à Interbrand pour soutenir leur candidature à un projet courant sur 25 ans : remporter l’espace Retail du nouvel aéroport d’Istanbul. Heinemann, Unifree Dutyfree et Interbrand ont créé conjointement l’expérience du futur terminal en détaillant à la fois l’architecture intérieure ainsi que les concepts design prévus pour cet espace de 53 000 mètres carrés. Avec jusqu’à 150 millions de passagers traversant un terminal d’un million de mètres carrés, le nouvel aéroport d’Istanbul deviendra l’un des plus grands aéroports du monde. La tulipe ottomane, « métaphore du pluralisme, du commerce, de l’hospitalité et du patriotisme » incarne la marque Unifree. Elle caractérise l’aéroport « comme un hôte toujours accueillant et inspirant pour les voyageurs du monde entier et est présente sur une multitude de points de contact au sein de l’aéroport ». C’est sur ces fondements qu’Interbrand a conçu une expérience retail complète pour ce vaste espace allant de l’implémentation de boutiques de luxe, d’un véritable bazar turc, de zones d’information, de boutiques duty free, de stands de dégustation, de salons… Deux éléments du paysage turc ont inspiré la composition architecturale de l’aéroport : le Bosphore et les sept collines d’Istanbul. Ce nouvel espace retail compte créer plus de 3.000 emplois au sein du nouvel aéroport d’Istanbul et nécessitera un investissement global de plus 120 millions d’euros. L’aéroport ouvrira ses portes en 2018 avec un trafic annuel de 90 millions de passager.

Le commerce dans les gares et les aéroports aiguise l’appétit des distributeurs

Lieux de trafic, les gares attirent les enseignes. Mais les FNAC et autres Monoprix doivent adapter leurs concepts aux lieux et aux modes de consommation des clients de passage.

Pour Arnaud Lagardère, c’est une activité « à vrai potentiel de croissance ». Les professionnels l’appellent « le sixième continent » : c’est, en anglais, le « travel retail », autrement dit le commerce dans les gares et les aéroports, des lieux de passage qui suscitent la convoitise des marques et des enseignes au vu de la croissance des déplacements personnels ou professionnels et de l’afflux de touristes.

Le « commerce aux voyageurs » génère déjà la moitié du chiffre d’affaires du spécialiste Lagardère Services (3,74 milliards d’euros) et contribue fortement au résultat du groupe. Et la bataille fait rage autour du groupe World Duty Free, l’un des leaders mondiaux du secteur avec quelque 550 magasins dans 20 pays et dont la famille Benetton veut céder le contrôle.

Les gares aiguisent les appétits

De fait, avec la croissance du transport aérien et partant du duty free, les aérogares constituent aujourd’hui le gros du marché avec une croissance annuelle de 10 % et un chiffre d’affaires estimé à 60 milliards d’euros.

Mais désormais, les gares aiguisent aussi les appétits, particulièrement en France. La SNCF a décidé de rénover les siennes en y multipliant les espaces commerciaux au moment où le projet de loi Macron prévoit d’y autoriser l’ouverture le dimanche dans la vingtaine de gares les plus fréquentées.

Le succès de la rénovation de la gare Saint-Lazare à Paris , réalisée avec Klépierre, confirme la tendance. Alors que sous les assauts du e-commerce, la fréquentation des grandes surfaces et centres commerciaux traditionnels marque le pas, de la FNAC à Carrefour en passant par Monoprix, toutes les enseignes veulent une place dans ces lieux à fort trafic.

Offre de dépannage

La FNAC a repris les sept points de vente de feu Virgin Stores situés dans les gares (à Paris, Lyon, Marseille). Manuel Biota, le responsable de l’activité, évoque « un marché captif » et se dit près à s’installer dans des gares plus petites. Pas question toutefois d’implanter une « vraie » FNAC ou un « vrai » Monoprix dans un lieu où l’espace n’a pas été conçu pour cela, et est malgré tout compté.

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